Rabia al-Adawiyya : l’amour désintéressé de Dieu
Née à Bassora au VIIIe siècle, Rabia est l'une des premières voix de l'amour divin sans calcul. Portrait d'une figure fondatrice du soufisme.
Rabia al-Adawiyya (v. 717-801), née à Bassora dans une famille pauvre, est l’une des plus grandes figures du soufisme naissant — et l’une des premières voix de l’amour divin désintéressé.
Une vie de pauvreté choisie
Réduite en esclavage puis affranchie, elle choisit une vie de veilles et de prières, refusant les mariages et les honneurs. Sa maison ne contenait, dit-on, qu’une natte, une cruche et un lit de roseau.
L’amour pour l’amour
Sa prière célèbre résume sa voie : elle refusait d’adorer Dieu par crainte de l’enfer ou par désir du paradis, mais pour Lui-même. Cette orientation pure — l’amour sans calcul — marquera toute la mystique musulmane.
« Ô mon Seigneur, si je T’adore par crainte de l’enfer, brûle-moi en enfer ; si je T’adore par désir du paradis, prive-moi du paradis ; mais si je T’adore pour Toi-même, ne me prive pas de Ta beauté éternelle. » — Rabia al-Adawiyya
Poétesse avant la lettre, elle laisse des vers d’une intensité rare, où la nuit devient le rendez-vous de l’aimée avec l’Aimé.
